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Compétences et recommandations LinkedIn : ce qui compte vraiment

Mis à jour le 07/08/2026 16:09

Deux sections de votre profil travaillent pour vous quand vous n'êtes pas devant votre écran : vos compétences, qui décident si l'on vous trouve, et vos recommandations, qui décident si l'on vous croit. Ce sont aussi les deux que l'on bâcle le plus : une liste montée à la va-vite il y a quatre ans, et trois recommandations tièdes de camarades de promotion.

Ce que les recruteurs font réellement de vos compétences

Un recruteur qui cherche un profil ne lit pas des profils : il filtre. Sur LinkedIn Recruiter comme sur la recherche classique, il tape des mots — « Silae », « contrôle de gestion », « droit social », « conduite de travaux » — et la plateforme va les chercher à plusieurs endroits du profil, dont la section Compétences.

Conséquence directe : une compétence que vous maîtrisez mais qui n'est écrite nulle part n'existe pas. Vous avez peut-être piloté un budget pendant trois ans ; si le mot n'apparaît ni dans votre titre, ni dans vos expériences, ni dans vos compétences, vous êtes invisible pour cette recherche.

Autre usage : quand vous postulez via LinkedIn, la plateforme affiche à côté de votre nom la correspondance entre vos compétences et celles de l'offre, du type « 6 sur 9 ». Ce n'est pas éliminatoire, mais le recruteur la voit.

Combien en mettre, et surtout dans quel ordre

LinkedIn en autorise une cinquantaine. Ce n'est pas une raison pour remplir la case. Deux repères :

Choisissez vos trois premières comme un titre : elles annoncent le poste que vous visez, pas celui que vous quittez. Un chef d'équipe qui vise la responsabilité d'un atelier met « Animation d'équipe » et « Amélioration continue » en tête, pas en vingtième position.

Rattachez enfin chaque compétence à une expérience : le lecteur voit alors vous l'avez exercée.

Des mots que l'on tape, pas des qualités humaines

La règle est brutale : une compétence qui pourrait figurer sur le profil de n'importe qui ne sert à rien. Personne ne tape « autonomie » ou « esprit d'équipe » dans un moteur de recherche.

Avant — gestionnaire de paie

Rigueur · Ressources humaines · Microsoft Excel · Organisation · Discrétion · Polyvalence

Après

Paie · Silae · DSN · Conventions collectives (Syntec, HCR) · Contrôle URSSAF · Gestion des temps · Soldes de tout compte · Ruptures conventionnelles · Prévoyance et mutuelle · Administration du personnel

Avant — conducteur de travaux

Bâtiment · Sérieux · Management · Gestion · Terrain · Informatique

Après

Conduite de travaux · Second œuvre · Lots CVC et électricité · Appels d'offres publics · Chiffrage et métré · Suivi de sous-traitants · Coordination SPS · AutoCAD · MS Project · Réception de chantier

Avant — ingénieur données

Travail en équipe · Communication · Résolution de problèmes · Microsoft Office · Autonomie

Après

Python · SQL · dbt · Airflow · Snowflake · Modélisation de données · Qualité des données · Terraform · Données personnelles et RGPD · Encadrement d'alternants

Trois filtres pour trancher, compétence par compétence :

  1. Un recruteur taperait-il ce mot ? Si non, dehors.
  2. Puis-je raconter un exemple de trente secondes en entretien ? Si non, dehors.
  3. Est-ce le vocabulaire des offres qui m'intéressent ? Ouvrez cinq annonces du poste visé, relevez les termes exacts, reprenez-les — s'ils sont vrais.

Gardez d'ailleurs le vocabulaire du marché : si toutes les annonces écrivent « Power BI », n'écrivez pas « outils de visualisation décisionnelle ». Vous seriez le seul à être élégant, et le seul à être introuvable.

Les validations par les pairs : utiles, pas décisives

Les validations sont un signal faible : chacun sait qu'elles s'échangent entre collègues. Elles servent surtout au tri visuel — une compétence validée dix-huit fois passe devant une compétence à zéro.

Concentrez-les sur trois à cinq compétences clés et demandez-les explicitement : « peux-tu valider Silae et DSN sur mon profil ? c'est l'axe sur lequel je cherche ». Fuyez les échanges automatiques entre inconnus : ils produisent des profils où un juriste se retrouve validé en soudure.

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Les recommandations : le seul contenu que vous n'écrivez pas vous-même

Tout le reste de votre profil, c'est votre parole. Une recommandation, non : elle est signée d'une personne identifiable, avec son poste et son entreprise. C'est ce qui lui donne son poids.

Un recruteur ne les lit pas au premier coup d'œil, mais quand vous êtes dans la liste courte et qu'il cherche une raison de vous départager. Il y regarde deux choses : qui recommande — un ancien N+1 vaut dix camarades de promotion — et quels faits sont cités. Une recommandation sans aucun fait ne sert à rien mais ne nuit pas ; une recommandation de complaisance, visiblement écrite par un proche, si.

À qui les demander, et quand

Trois à cinq suffisent, à condition de couvrir des angles différents. Vingt recommandations tièdes ne valent rien.

Le moment compte plus que tout. La bonne fenêtre : les deux semaines qui suivent une réussite visible — un chantier réceptionné, un audit passé, un contrat renouvelé — ou un départ, quand chacun est encore dans le registre du bilan.

Comment demander sans mettre l'autre mal à l'aise

La gêne vient toujours du même endroit : vous demandez du travail à quelqu'un sans le dire. Écrire une recommandation, c'est vingt minutes pour qui ne sait pas par où commencer. Quatre principes règlent le problème :

  1. Passez par un message direct avant d'utiliser le bouton « Demander une recommandation », dont le texte par défaut est impersonnel.
  2. Donnez deux ou trois points à mentionner. C'est le seul vrai levier : vous transformez une page blanche en questionnaire.
  3. Fixez une longueur. « Cinq lignes suffisent » enlève la pression.
  4. Laissez une porte de sortie explicite. Sans elle, refuser devient inconfortable, et vous n'obtenez aucune réponse du tout.

Modèle 1 — à un ancien manager

Bonjour Nathalie,

Je remets mon profil LinkedIn à jour et j'aimerais y faire figurer une recommandation de votre part sur les deux années passées dans votre équipe.

Pour vous éviter la page blanche, trois points me seraient utiles s'ils vous semblent justes : la réorganisation de la préparation de commandes, la reprise de l'équipe de six préparateurs après le départ de Marc, et la saison de décembre passée sans intérim supplémentaire.

Cinq lignes suffisent largement. Et si ce n'est pas le bon moment, dites-le-moi franchement, cela ne posera aucun problème.

Bien à vous, Julien

Modèle 2 — à un collègue d'un autre service

Salut Camille,

Je mets mon profil LinkedIn à jour et tu es la mieux placée pour parler du changement de logiciel qu'on a mené ensemble l'an dernier.

Si tu es d'accord pour écrire quelques lignes, ce qui m'intéresse c'est la coordination entre la production et le service client pendant les trois semaines de bascule, et le fait qu'on n'ait perdu aucune commande. Quatre ou cinq lignes, pas plus.

Et si tu veux que j'en fasse autant pour toi, avec plaisir. Si tu préfères passer, aucun souci.

Merci, Thomas

Modèle 3 — à un client

Bonjour Monsieur Ferrand,

Je me permets une demande un peu inhabituelle. Nous avons travaillé ensemble sur la réorganisation de votre atelier, de mars à octobre, et j'aimerais faire figurer sur mon profil LinkedIn une recommandation côté client : c'est le point de vue qui manque au mien.

Deux éléments seraient précieux : la façon dont nous avons tenu le budget malgré l'élargissement du périmètre en juin, et la formation de vos équipes avant la reprise en autonomie. Trois ou quatre phrases suffisent.

Si l'exercice ne vous convient pas, n'y pensez plus : cela ne changera rien à nos échanges.

Bien cordialement, Claire Meunier

Deux réflexes ensuite. Si la personne accepte puis oublie, relancez une seule fois, dix jours plus tard. Et si elle répond « écris-le, je signerai » — cela arrive souvent — rédigez le texte à la première personne, dans son vocabulaire, et invitez-la à modifier ce qui ne lui ressemble pas.

À quoi ressemble une recommandation qui sert à quelque chose

Inutile

« J'ai eu la chance de travailler avec Julien pendant deux ans. C'est quelqu'un de sérieux, agréable et toujours disponible. Un vrai professionnel, je le recommande vivement. »

Qui pèse

« Julien a rejoint mon équipe en 2022 pour reprendre la préparation de commandes, qui accumulait alors deux jours de retard en permanence. Il a redécoupé les tournées de picking, négocié un second créneau d'enlèvement avec le transporteur et ramené le délai à vingt-quatre heures en quatre mois. Il a aussi formé deux préparateurs au poste de chef d'équipe, dont l'un tient aujourd'hui le samedi seul. Ce que je retiens surtout : il annonce ce qui ne tiendra pas assez tôt pour qu'on puisse arbitrer. »

La différence ne tient pas au talent d'écriture de Nathalie, mais à ce que Julien lui a donné à écrire : seule, elle n'aurait jamais reparlé du créneau d'enlèvement.

Par quoi commencer cette semaine

  1. Réordonner vos compétences : les trois premières doivent correspondre au poste visé, pas au précédent.
  2. Remplacer les qualités vagues par des outils et des domaines nommés, relevés dans cinq annonces réelles.
  3. Envoyer trois demandes, chacune avec ses deux ou trois points à mentionner. Une partie restera sans réponse : c'est normal, envoyez-en trois de plus.

Ces trois signaux pèsent dans notre grille d'audit, au même titre que la cohérence entre ce que vous déclarez et ce que vous prouvez ailleurs. L'analyse se fait en collant le texte de votre profil, sans identifiants LinkedIn.

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Appliquer ces conseils, c'est bien. Savoir ce qui cloche chez vous, c'est mieux.

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