La section « À propos » est le seul endroit de votre profil LinkedIn où vous écrivez ce que vous voulez, sans contrainte de format. C'est aussi, de loin, la plus mal remplie : un paragraphe d'adjectifs interchangeables, un copier-coller du CV, ou rien du tout.
Or, quand un recruteur hésite entre trois profils comparables, c'est souvent là qu'il tranche. Le titre dit ce que vous êtes, les expériences disent où vous êtes passé, l'« À propos » dit ce que vous valez et comment vous raisonnez.
LinkedIn tronque la section après quelques lignes et affiche un « voir plus ». Sur mobile, la coupe arrive encore plus tôt. Comptez environ 250 à 300 caractères pour donner envie de déplier : tout ce qui suit ne sera lu que si ces trois lignes tiennent debout toutes seules.
C'est l'inverse de ce que fait la plupart des profils, qui commencent par une mise en jambe : parcours, formation, valeurs, « fort de X années d'expérience ».
Fort de plus de 15 ans d'expérience dans des environnements variés et exigeants, j'ai développé au fil de mon parcours une solide expertise ainsi qu'une réelle capacité d'adaptation, reconnue par mes pairs comme par mes managers successifs…
Je remets en route des lignes de production à l'arrêt. L'an dernier : 190 heures d'arrêt évitées sur trois sites, et une astreinte que mes équipes ne subissent plus. Voici comment je m'y prends.
La seconde dit quelque chose d'utile dès le premier mot, et donne une raison mécanique de cliquer sur « voir plus ».
LinkedIn autorise 2 600 caractères : ce n'est pas un objectif. En dessous de 150 mots, vous n'avez pas la place de prouver quoi que ce soit ; au-delà de 300, vous perdez un lecteur qui parcourt de toute façon en diagonale.
Aérez : des paragraphes de deux à trois lignes, une liste courte pour les résultats. Un bloc compact de quinze lignes n'est pas lu, il est survolé.
Point souvent oublié : les mots de votre « À propos » comptent dans le moteur de recherche interne de LinkedIn. Si vous voulez apparaître sur « contrôleur de gestion », « paie » ou « soudure TIG », ces mots doivent être écrits en toutes lettres, dans une phrase qui a du sens — pas empilés en vrac à la fin du texte.
« Marie accompagne les entreprises dans leur transformation… » Non. La troisième personne fonctionne dans une biographie de conférencier, pas sur un profil où tout le monde sait que c'est vous qui écrivez : elle produit un ton de plaquette commerciale. Écrivez « je ».
Ces adjectifs sont gratuits. Personne n'écrit « désorganisé, a besoin d'être suivi ». Une qualité que tout le monde peut revendiquer n'apporte aucune information, et un recruteur expérimenté saute la ligne sans la lire.
La règle : remplacez chaque adjectif par la scène qui le prouve.
Rigoureux, autonome, dynamique, doté d'un excellent relationnel et d'un fort esprit d'équipe.
J'ai repris une comptabilité analytique en retard de sept mois et je l'ai remise à jour en dix semaines, sans intérimaire. J'ai été l'interlocuteur unique de nos douze plus gros clients pendant deux ans : onze ont renouvelé.
Aucun adjectif, et pourtant on sait à qui on a affaire. C'est le lecteur qui conclut « rigoureux », et c'est bien plus solide que si vous l'écrivez vous-même.
L'autre travers très fréquent : y recopier la liste chronologique des postes déjà détaillés juste en dessous. Le recruteur lit deux fois la même chose et n'apprend rien.
Cette section n'est pas un résumé du parcours, c'est le fil qui le relie. Elle répond à ce que la liste des postes ne dira jamais : pourquoi ces choix, ce que vous faites mieux que les autres, dans quel type d'environnement vous êtes réellement bon, et ce que vous voulez faire ensuite.
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Professionnelle passionnée avec plus de 12 ans d'expérience en ressources humaines. Rigoureuse, autonome et dotée d'un excellent relationnel, je sais m'adapter à tous les environnements. Diplômée d'un master RH, j'ai occupé différents postes à responsabilités dans plusieurs secteurs. Toujours en quête de nouveaux défis.
Dans une PME industrielle, un poste de technicien qui reste vacant six mois coûte plus cher qu'un recrutement raté. C'est ce délai que je passe mes journées à raccourcir.
Responsable RH depuis douze ans, dans des entreprises de 80 à 600 salariés. Concrètement :
Je suis utile là où il faut expliquer, arbitrer et assumer des décisions impopulaires ; beaucoup moins là où l'on attend des RH qu'ils administrent des contrats.
Ouverte à un poste de DRH ou de RRH multi-sites en Auvergne-Rhône-Alpes, dans une structure de 100 à 500 salariés. Écrivez-moi ici, je réponds à tout le monde.
Jeune diplômé d'un master en science des données, je suis motivé, curieux et rigoureux. À la recherche d'un premier emploi dans le domaine de la data. N'hésitez pas à me contacter pour plus d'informations. Ouvert à toute opportunité.
Je transforme des fichiers sales en chiffres sur lesquels on peut décider quelque chose. C'est ce que je fais depuis deux ans, avant même d'avoir eu mon diplôme.
Ce que j'ai réellement produit, hors salle de cours :
Outils : Python (pandas, scikit-learn), SQL, premiers pas sur dbt. Je n'ai pas encore travaillé sur des volumes de production : c'est précisément ce que je cherche à apprendre.
Premier poste d'analyste de données, à Lille, Paris ou en télétravail. Disponible immédiatement.
Après 9 ans dans la restauration, j'ai décidé de me reconvertir dans le développement web. J'ai suivi une formation intensive de 6 mois. Passionnée par les nouvelles technologies, je suis quelqu'un de motivé, persévérant et qui apprend vite. Je cherche ma chance dans ce nouveau domaine, merci de me donner une opportunité.
J'ai géré un restaurant de 60 couverts pendant neuf ans. On y apprend à tenir un budget au centime, à arbitrer sous pression et à dire non poliment quinze fois par jour. J'écris du code aujourd'hui, et ces trois réflexes servent tous les jours.
Depuis ma formation intensive en développement web (six mois, 850 heures) :
Je cherche un poste de développeuse front-end junior dans une équipe où l'on relit le code des autres : j'apprends beaucoup plus vite quand on me corrige que quand on me laisse seule.
Basée à Nantes, mobile sur Rennes, disponible sous un mois.
Point commun aux trois : aucune ne demande une faveur. Elles exposent un problème, des preuves, une direction — et personne n'y écrit « passionné ».
Vous êtes en poste et vous ne voulez pas que votre employeur comprenne que vous regardez ailleurs. Les preuves chiffrées ne trahissent personne ; c'est le troisième temps, « ce que vous cherchez », qu'il faut formuler autrement. « Je réponds aux messages concernant les postes de chef de projet en région lyonnaise » est parfaitement clair pour un recruteur et parfaitement anodin pour un collègue. Évitez en revanche « à l'écoute du marché » : la formule est décodée par tout le monde, votre direction comprise.
Deux réponses négatives, et la section est à réécrire. Comptez une heure : peu, pour un texte qui travaille à votre place chaque fois que quelqu'un ouvre votre profil.
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Appliquer ces conseils, c'est bien. Savoir ce qui cloche chez vous, c'est mieux.
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